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Dialogue Hors-Sujet

décembre 8, 2014

Le dialogue avec les forces politiques n’a pas eu lieu ce vendredi 05 décembre au palais de la Marina. L’opposition a décliné l’invitation. Disons, l’opposition plurielle a refusé de faire avaliser un projet du Président de la République. La raison du refus de participer à un dialogue avec le gouvernement est à lire dans toutes les déclarations rendues publiques par l’opposition plurielle.  La Rb, membre de la majorité présidentielle s’est démarquée de l’invitation adressée par le ministre en charge des relations avec les institutions. Cela s’appelle de la liberté conditionnelle. L’Union fait la Nation rejette l’offre au motif que l’alliance ne voudrait pas servir :  »  de décor à un monologue démagogique fait de promesses sans lendemain « . Le Prd maintient son cap.  Il n’y croit pas.

En somme, l’appel du Président de la République a été mal entendu. Cette invitation présidentielle a été jetée à la poubelle par l’opposition naturelle et l’opposition de la confusion. Quoi qu’il en soit, le Président se rend de plus en compte que la parole présidentielle a subi une métamorphose en matière de crédibilité.  Le dialogue en question est-il vrai, opportun, sincère et utile ? Là est la question principale.

C’est un dialogue inopportun. Le problème n’est une affaire de dialogue. C’est un problème législatif. Un tel problème ne trouve pas sa solution au sein l’exécutif. C’est au niveau du parlement. Le Président de la République s’est trompé, une fois encore. Le sujet du dialogue est illisible. L’opposition marche pour réclamer la tenue des élections à bonne date. Malheureusement, ce n’est pas le gouvernement qui établit la liste électorale. Le gouvernement peut-il engager le processus de la mise en place  de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi) sans l’implication effective de l’Assemblée Nationale ?  En faisant constamment recours au Président de la République  pour régler l’imbroglio, l’opposition confère au Président de la République plus de pouvoir qu’il en a.  Si la liste n’est pas disponible, la faute est à qui ? Pas au Président de la République. La faute est au parlement et à la société civile.

La liste alternative ne peut pas de faire par voie de norme administrative. Ce n’est pas un décret qui décidera de cela. Par conséquent, l’opposition représentée au sein du Cos-Lépi s’embrouille. La question n’est pas le dialogue. La question est de faire du dialogue intra-parlementaire. Cette concertation n’est pas l’œuvre du Président de la République mais une prérogative du Président de l’Assemblée Nationale, des Présidents des groupes parlementaires, des Présidents des commissions de l’Assemblée Nationale.

Nous traversons un moment d’oisiveté politique qui fait le lit à plusieurs vices. Le plus pernicieux est le refus de réfléchir et d’imaginer la solution pour sortir de l’impasse. Le dialogue politique au palais n’est pas la solution. Les marches ne constituent pas la solution idéale.  Il faut voir les difficultés en face. Le boycott actif est pertinent tandis que la marche du 11 décembre 2014 est impertinente puisqu’elle ne vise pas le Cos-Lépi.  Par conséquent, l’opposition ne sait pas vraiment où elle va. Si l’objectif est de chasser Boni Yayi du pouvoir avant le terme constitutionnel, cela est du ressort de l’irresponsabilité et de l’Hors-Sujet.

Herbert Houngnibo

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