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Haïti au Fitheb 2018 : « Chemins de fer  »  ou l’Evangile de la paix

A l’espace Mayton à Abomey-Calavi, ce lundi 19 novembre 2018, le public a eu droit au spectacle de la délégation venue d’Haïti. C’est « Chemins de fer », un texte de l’auteur congolais (Congo-Brazzaville) Julien Mabiala Bissila, mise en scène et joué par le comédien haïtien Miracson Saint-Val.

La paix. Et la paix. Encore la paix. Il est 20h 01 ce soir à l’espace Mayton. Toussaint Kerby Jimmy débarque sur la scène avec sa guitare. Assis sur un tabouret, le musicien distille des rythmiques rappelant un triste passé. Mais il annonçant en même temps un avenir radieux. Six minutes plus tard, le comédien haïtien Miracson Saint-Val apparait. Son accoutrement est évocateur. Pantalon noir sous une chemise manche longue blanche. Au cou, une cravate au couleur rouge vive, longue. Tout sur lui sort de l’ordinaire. De l’humour et à la comédie, Miracson Saint-Val fait voyager en soixante minutes le public entre les lignes du texte écrit par Julien Mabiala Bissila. Et ce, avec en sourdine, les sonorités qui s’envolent de la guitare de Toussaint Kerby Jimmy sous l’effet de ses doigts magiques sur les six cordes. Un prétexte pour faire passer en douceur l’histoire noire que rappelle Julien. C’est une revue de problèmes connus par plusieurs pays d’Afrique. La guerre, les affrontements, les catastrophes naturelles, etc. Le passé est noir. Mais, il ne s’agit pas de s’attarder là-dessus. Juste un passage pour conscientiser sur comment les éviter. C’est surtout cela, se rend compte-t-on, la sens aussi de la belle mélodie qui accompagne le comédien. L’artiste invite à une paix durable malgré les difficultés. « Le savoir-vivre n’est pas chose facile. Regardez autour de vous en tout temps ». Miracson Saint-Val, sur scène, avec ses qualités artistiques, se fait apôtre de la paix.

«Depuis quelques années, je fais la recherche théâtrale particulièrement en lien avec le rituel.  Mon musicien aussi travaille depuis quelques temps sur le mixage du Rock et de la musique traditionnelle haïtienne. C’est pour dire, c’est toute la recherche qui a stimulé la base du spectacle que Haïti offre sur Fitheb 2018.  Au Bénin je me suis senti comme chez moi », indique l’artiste. « Le but de mon travail, est de trouver la paix, la paix intérieure profonde. Tout ce que je veux c’est un sentiment de paix en racontant la guerre ».

Une guerre vécue et expliquée de l’intérieur

 

« Chemins de fer est le vécu d’un Homme, vivant, peut-être, qui balbutie entre cette guerre qui l’a complètement ravagé et sa vie d’aujourd’hui qui n’a de sens que dans ses souvenirs. Cet homme qui sert à chaque passant un morceau de souvenir comme un plat de ragou kochon bien pimenté. Les décombres de l’hôpital. Une colline de cadavres qui s’empile. Les morts refusant de mourir. Son père, conducteur de train, qui a passé plus de temps à donner des coups de reins qu’à conduire le train. Que reste-t-ilà l’Homme pauvre ? La dignité ? L’instinct ? Des souvenirs comme une rafale de Kalach ! Et c’est ce qui déclenche cette parole interminable. Ces mots qui sortent tous seul, sans contrôle, qui ne veulent plus s’arrêter, jusqu’à étrangler ce corps qui le porte. Happé par la parole, par ces mots fous qui courent dans tous les sens. Je suis un Homme ordinaire attaqué par les mots de Guerre, de Transe, de Survie.  De Guerre ! La kalachnikov, les obus, le bruit de la ville…Chemins de fer est un parcours, une guerre vécue et expliquée de l’intérieur et c’est important d’être dans son ventre, barricadé. Personne ne sait si le soit disant spectateur sortira vivant de ce crash. De Transe ! Tout vient de là. Chevauché par les souvenirs. Et ces souvenirs ont un corps, des corps qui volent ton intimité ; qui te protègent de toi-même».

 

Quelques impressions des spectateurs

 

Rodrigue Ahotondji, scénariste réalisateur : « Je trouve que c’est un spectacle vraiment vivant » : « J’avoue que j’ai suivi un spectacle vraiment très bien fait et très bien monté. J’ai aimé la mise en scène, l’occupation scénique. J’étais comédien professionnel avant de devenir scénariste réalisateur, j’ai beaucoup aimé l’occupation scénique. J’ai aimé aussi le jeu de l’acteur, c’est un monologue qui a été accompagné par un musicien talentueux.  Je suis aussi musicien, donc j’imagine tout le travail qui a été fait aussi au niveau de la musique qui a accompagné le comédien sur la scène.  Je vous avoue que le comédien a vraiment travaillé pour qu’on ait ce spectacle. Il y a de la diction.  Il communique bien avec le public. Je trouve que c’est un spectacle vraiment vivant. Le contenu du message est aussi fort. C’est un message universel partagé par tous les peuples. Comme moi tous les spectateurs ont adhéré à tout ce que disait le comédien disait sur la scène.  C’était simplement un spectacle magnifique. »

 

 

Reine Gbodogli, étudiant en arts plastiques à Inmac/ UAC « Cette pièce parlait des problèmes liés à l’Afrique »: « Ce spectacle, je l’ai trouvé assez réaliste.  J’ai vu que cette pièce parlait des problèmes liés à l’Afrique, à la guerre, aux destructions. Le spectacle nous a fait revivre l’actualité de l’Afrique en ces dernières années.  On a vu le comédien sur la scène devant les difficultés qui a toujours gardé le moral. J’ai simplement apprécié le spectacle   » Chemins de fer  » d’Haïti. »

 

  Gbaguidi Annice étudiant à l’Uac « Le comédien était vivant dans le spectacle du début à la fin » « Le spectacle  » Chemins de fer  » d’Haïti nous a vraiment touché. Cette pièce parlait de la vie actuelle et des réalités actuelles. Je trouve simplement que le comédien a utilisé le théâtre pour faire savoir ce qu’il ressente pour le monde et le continent Africain. Ce que j’ai aimé, le comédien était vivant dans le spectacle du début jusqu’à la fin. J’ai retenu de ce message que la vie n’est pas facile mais, il ne faudra pas resté dans son enclos pour le dire.  Il faut toujours affronter les difficultés et voir la réalité en face.  Chaque occasion qui se présente à soi, il faut la saisir. »

 

 Bernard Tchivadji comédien conteur et écrivain :  Ce spectacle m’incite et m’inspire beaucoup à travailler d’avantage » : « Je remercie l’interprète qui est le comédien. Il a interprété ce rôle de façon exceptionnelle.  On dirait un monologue accompagné de la musique. Je vous avoue que le comédien a donné vie au texte. Tel que le spectacle est rendu, l’on ne peut jamais savoir qu’il était seul avec la modulation de voix et les jeux qui accompagnent. Chaque phase de ce spectacle était bien exécutée. Je suis tombé amoureux de ce spectacle. Le travail rendu à l’espace Mayton prouve que l’artiste est un comédien travailleur et la mise en scène a marché. Ce spectacle m’incite et m’inspire beaucoup à travailler d’avantage. »

 

Propos recueillis par Victorin Fassinou

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