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La deuxième révolution ?

Le Bénin, ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest vit depuis avril 2016, une situation qui oblige tout observateur attentif à se demander si ce n’est pas une deuxième révolution qui s’opère, après bien sûr, celle de 1972. En tout cas, on n’aura pas tort de le croire compte tenu de la succession des évènements dans la mesure où il y a des constances qui se dégagent par rapport aux deux périodes. Si en 1972, le « Grand camarade de lutte » avait affiché une détermination à combattre l’impérialisme, le colonialisme et le néo colonialisme, aujourd’hui, tout porte de plus en plus à croire que Patrice Talon tient à aller jusqu’au bout dans sa volonté de combattre la corruption sous toutes ses formes. La demande de la levée d’immunité parlementaire des députés Atao, Bako et Djènontin, adressée au Parlement s’inscrit parfaitement dans cette logique. S’il est vrai qu’elle suscite déjà des commentaires aussi variés les uns que les autres, avouons qu’il ne peut en être autrement dans la mesure où les décisions du genre sont rarissimes dans notre pays. Depuis la Conférence nationale de février 1990, combien de fois a-t-on vu un Gouvernement adresser une telle demande au Parlement ? Pas plus de cinq fois, députés et ministres confondus en 28 ans. Cela traduit le peu d’engagement de nos dirigeants à aller plus loin dans ce combat. Si Boni Yayi a marché une heure durant sous un soleil ardent, ce qui en son temps était perçu comme un signal fort, les Béninois, au terme de ses deux quinquennats, sont restés sur leur faim. Patrice Talon certainement n’a pas voulu subir le même sort, est-on tenté de croire au regard de l’enchainement des évènements. En moins de deux ans, un Directeur général de société et un ancien Président du conseil d’administration sont mis en prison, même si pour le moment, il s’agit des dossiers pendants devant les juridictions compétentes. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est qu’il y a également des cadres de l’administration qui sont incarcérés pour les mêmes causes.  Cela paraît lointain, mais on est obligé d’en parler ; l’annulation des concours de recrutements au profit de la douane et des impôts s’inscrit dans les actions de lutte contre la corruption. Autant d’actes qui fondent à croire que l’actuel Chef de l’Etat est décidé à faire de la lutte contre la corruption une réalité. La procédure de la levée d’immunité d’un parlementaire n’est pas chose aisée. Il y a donc lieu de prendre patience et d’observer. Ce n’est pas parce que X ou Y est accusé de détournement qu’il l’est déjà. La preuve en est que dans le dossier PPEA II, alors que la plupart des Béninois et les partenaires Danois restent convaincus de ce qu’il y a détournement, c’est la justice qui a conclu d’un non-lieu, à la surprise générale. Cet exemple doit nous amener à encourager Patrice Talon dans sa volonté de faire le ménage. Le reste reviendra à la justice. Il est alors à souhaiter que le Gouvernement trouve la formule pour que les populations n’aient pas l’impression qu’il s’agit d’une révolution à sens unique, destinée à régler des comptes, mais y adhèrent plutôt.  Si au finish, le Général Mathieu Kérékou a réussi malgré tout le mal qu’on avait dit de lui et de sa révolution à un moment donné, c’est dire que rien n’est impossible tant qu’il y a la volonté. La lutte contre la corruption aujourd’hui est un devoir pour chaque Béninois où qu’il se trouve. Chacun doit donc apporter sa pierre à l’édifice  afin que cette nouvelle révolution soit couronnée de succès.

Junior Fatongninougbo

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