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Le mythe des diplômes ?

La plupart des pays ayant subi la colonisation, ont bénéficié du legs de la scolarisation sanctionnée par une certaine reconnaissance de degré du savoir terrestre ou propre aux individus que la comédie humaine a appelé diplôme. De nos jours, il y a une toute panoplie de diplômes permettant aux uns et aux autres d’être utiles afin de booster l’ordre humain desdits pays. Il est observé en outre une certaine aisance de vie, observée ordinairement à travers ceux et celles qui ont eu ou non la qualité d’intégrer les administrations équipées de bureaux. Voilà  combien est –il ambitieux de devenir bureaucrate.      La bureaucratie permet de percevoir ce qu’on appelle salaire assurant une certaine propreté vestimentaire et corporelle et bien d’autres avantages afin de finir avec une certaine clochardisation de la vie. Donc,  être bureaucrate s’avère une réussite familiale et sociale.Le déclic de la concurrence existentielle est ainsi amorcé.  Une lutte sans merci déballe ainsi son vrai visage. Toutes les anomalies sont ainsi observées.Lesdits diplômes constituent ainsi une source de pouvoir. Mais le pouvoir n’est pas  nocif en soi, car il exprime la personnalité ; il est nocif quand il se refuse au partage et provoque alors un contre-pouvoir,  lui aussi menacé de solitude. Le vrai pouvoir comme notre seigneur Jésus-Christ qui est amour dans la liberté et liberté dans l’amour doit être perçu comme l’accomplissement de service comme soumission et libération réciproques. La problématique relative aux lieux de formation : écoles, collèges, universités peut-elle réaliser le projet de former tout l’homme et tout homme, de façon à ce que celui-ci et l’univers tout entier parviennent  à leur accomplissement sur cette terre ? La réponse à cette préoccupation est que le modèle éducatif actuel est en crise : crise d’acculturation qui avance à grands pas vers une cause d’aliénation, attachement à une formation élitiste qui n’est pas seulement le fait de nos Etats, mais de toute l’entité sociale. Pédagogie de la démarcation qui privilégie les savoirs scolaires et universitaires au détriment de ceux opérationnels ; le monde du livre au détriment du livre du monde ; des universités consommatrices au détriment des universités productrices de savoir. Comme l’a déduit Maryse Quashie «  L’école vise le développement des savoirs toujours, des savoirs- faire souvent des savoirs- être accidentellement. En nous appuyant sur le développement de Maryse Quashie, il ressort que l’homme issu de ce moule présente deux profils contradictoires : celui qui a réussi et celui qui n’a pas réussi. Celui qui a réussi a des revenus confortables, dispose de savoir dans un domaine bien précis, exhibe une mal assurance à lui conférée par sa position sociale.Mais cette médaille a un revers : celui qui a  réussi s’éloigne de la sagesse dynamisante ou profitable. Mais sa réussite porte la marque d’une désarticulation intérieure profonde. Celui qui n’a pas réussi s’investit dans le secteur dit informel, se débrouille pour ainsi dire, reste plongé dans la culture traditionnelle et affiche une pratique sociale de surface et n’a aucune prise sur les orientations données à la société où il vit, puisqu’il est complètement marginalisé par rapport aux structures où se prennent les décisions, que ce soit dans la cité ou ailleurs à cause de son niveau de  formation insuffisant.Les études diplômantes doivent ambitionner de former des citoyens et citoyennes nouveaux. C’est-à-dire ceux et celles consciencieusement structurés, de la vraie démocratie qui est synonyme de la vraie civilisation du développement durable et de responsabilité. Elle doit empêcher les uns et les autres de devenir les destructeurs attitrés de leur propre pays. Car, comme l’a dit Nietzsche : «  Ce qui me bouleverse, ce n’est pas tu m’aies menti, c’est  que désormais je ne pourrai plus te croire ».

Lazare Sotchoumè

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