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Ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale pour l’année 2019 : Le plus gros flop de la 7è législature

Boycott ! Non ! Le mot est petit pour décrire l’ambiance qui a prévalu au Palais des gouverneurs de Porto-Novo le vendredi 12 avril 2019 à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée Nationale au titre de l’année 2019. Sur les 82 députés que compte le Parlement béninois après la mort de feu Janvier Donwahoué, ce sont seulement 07 députés (y compris le Président Adrien Houngbédji) qui étaient au sein de l’hémicycle le vendredi dernier. Où se sont passés les autres ? C’est en tout cas la grande question que les uns et les autres sont posées.

A 10h21, il n’y a que les députés Edmond Zinsou, Valentin Houdé, Bruno Amoussou dans l’hémicycle. Au titre des Présidents d’institutions il n’y avait Ousmane Batoko (Cour suprême) et Adam Boni Tessi (HAAC). Les autres se sont fait représenter Le corps diplomatique a quant à lui fait le déplacement. C’est aussi le cas des personnalités religieuses, des têtes couronnées et des autorités politico-administratives de Porto-Novo et du Département de l’Ouémé. A 10h26, le Président Adrien Houngbédji fait son entrée dans l’hémicycle drapé dans un boubou blanc. La séance s’ouvre sans aucun secrétaire parlementaire aux côtés du Président du Parlement béninois. L’honorable Noël Akissoué est appelé alors à suppléer à cette absence des secrétaires parlementaires. Il est fait secrétaire parlementaire ad’hoc pour le contrôle du quorum. Ceci, conformément à une vieille décision rendue par la Cour Constitutionnelle. Sur 82 députés, 05 sont présents y compris Houngbédji. Maurice Katocha a rejoint entre temps. le groupe et porte le nombre de députés présents à 06. C’est le constat après la vérification du quorum faite par l’honorable Akissoué. « Le quorum n’étant pas atteint, la cérémonie protocolaire sera faite, et la cérémonie relative à la procédure parlementaire sera rattrapée lundi, c’est-à-dire ce jour », a dit le Président Adrien Houngbédji. Alors qu’il entama son discours, arriva l’honorable Sofiath Schanou. Dans son discours (voir ci-dessous), Me Adrien Houngbédji n’est pas resté muet sur la situation sociopolitique que traverse en ce moment le Bénin avec l’actualité des élections législatives sans les partis d’opposition. « La préparation et l’organisation des prochaines élections législatives se déroulent dans un climat de tension. Si cette tension est une occasion d’arriver à maturité de notre démocratie, oui alors, et alors seulement, elle serait porteuse d’espoir. Mais si elle est au contraire prétexte à violence, à remise en cause de l’ordre constitutionnel, et de l’état de droit, elle nous aura projetés dans une aventure aux conséquences incalculables. Pour que cette tension soit porteuse d’espoir et pour qu’elle s’éloigne des tentations de l’aventure, il nous faut impérativement retrouver les vertus du dialogue et du consensus sur les questions qui opposent les uns aux autres, en privilégiant encore et toujours, l’intérêt supérieur de la Nation. La Sagesse doit avoir droit de cité dans la cité », a dit Me Adrien Houngbédji. Tout s’est passé devant les membres du corps diplomatique, les sages et notables, les autorités politico-administratives…Ils en étaient tous tristes pour la démocratie béninoise et surtout pour son Parlement dont la 7è législature s’achève sur un goût chaotique.

El-Hadj Affissou Anonrin

DISCOURS DE Me ADRIEN HOUNGBEDJI, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE DU BENIN
(…)
Je suis particulièrement heureux de vous accueillir à l’occasion de cette rentrée parlementaire qui consacre l’ouverture de la 1ère Session ordinaire de l’année 2019 de notre Assemblée Nationale.
Au nom de tous mes collègues députés, et mon nom personnel, je vous souhaite la bienvenue à l’Assemblée Nationale. En nous honorant de votre présence, vous témoignez de votre attachement aux valeurs qui fondent la République au premier rang desquelles la démocratie. Soyez en remerciés.
Chers invités,
Chers collègues,
La Session parlementaire qui s’ouvre aujourd’hui revêt un caractère particulier. Elle est en effet la dernière Session ordinaire de la 7e législature. Mais elle advient aussi dans un contexte politique spécial, qui nous invite à nous souder et à nous questionner.
Ce 12 avril marque l’ouverture de la dernière session de la 7ème législature. Il marque aussi le début de la campagne des élections législatives. Il s’agit certes d’une coïncidence. Mais on peut aussi y voir un signe, un clin d’œil de l’Histoire. Je me garderai de l’interpréter.
La préparation et l’organisation des prochaines élections législatives se déroulent dans un climat de tension. Si cette tension est une occasion d’arriver à maturité de notre démocratie, oui alors, et alors seulement, elle serait porteuse d’espoir. Mais si elle est au contraire prétexte à violence, à remise en cause de l’ordre constitutionnel, et de l’état de droit, elle nous aura projetés dans une aventure aux conséquences incalculables.
Pour que cette tension soit porteuse d’espoir et pour qu’elle s’éloigne des tentations de l’aventure, il nous faut impérativement retrouver les vertus du dialogue et du consensus sur les questions qui opposent les uns aux autres, en privilégiant encore et toujours, l’intérêt supérieur de la Nation. La Sagesse doit avoir droit de cité dans la cité.
C’est le lieu de saluer la disponibilité dont font preuve, non seulement la classe politique, mais aussi la société civile, les confessions religieuses, les experts, la Communauté internationale et tous ceux qui croient au modèle démocratique béninois.
Chers collègues,
La Session extraordinaire que nous avons clôturée le 1er avril dernier est riche d’enseignements, même si elle n’a pas abouti aux résultats que la Nation escomptait. Je voudrais rappeler qu’au cours de cette session extraordinaire, des propositions avaient été faites par le Comité paritaire mouvance/opposition que j’ai présidé, pour permettre à notre pays d’organiser des élections législatives inclusives et apaisées, grâce à deux (02) lois dérogatoires, modificatives et complétives de la Charte des Partis et du Code électoral, et grâce à une modification de l’article 80 de la Constitution.
Ces propositions n’ont pas été adoptées, faute de consensus. Mais en les écartant, avons-nous pour autant épuisé toutes les voies du dialogue et de la concertation ?
J’ai la faiblesse de croire que non. J’ai la faiblesse de croire que tout est encore possible.
Me référant à la qualité de nos échanges, je forme ici le vœu que ce dialogue se poursuive aussi longtemps qu’il sera nécessaire, afin que nous parvenions à un accord politique bénéfique pour toutes les composantes de notre classe politique.
Le communiqué qui sanctionne la dernière réunion entre le collectif des Présidents d’Institutions et le Président de la République, affirme l’attachement des institutions à « la poursuite du processus électoral et à la tenue des élections à bonne date ».
Si, en ma qualité de Président de l’Assemblée Nationale, il est de mon devoir d’accompagner notre institution vers des élections législatives dans le respect des lois, il est aussi de mon devoir de me placer au-dessus de tout calcul ou posture politique, envers et contre toutes les rigidités politiciennes.
Mon seul et unique agenda, est d’assurer les fonctions républicaines que me confèrent la Constitution et les lois, de contribuer à préserver l’aura et la qualité de notre démocratie et d’œuvrer pour la paix.
Car ne nous y trompons pas ! Notre Peuple et la Communauté internationale qui nous a hissé au rang de modèle, n’attendent pas seulement de nous, que nous respectons le calendrier électoral.
Le peuple béninois exige que nous préservions la vitalité de sa démocratie, et que nous protégions les droits et les libertés chèrement conquis.
Notre peuple veut que nos élections législatives, soient inclusives, c’est-à-dire ouvertes à tous, apaisées, et qu’elles soient libres et transparentes.
Il est de mon devoir d’accompagner notre institution vers la réalisation de cette légitime ambition de notre Peuple. Je continuerai à accomplir ce devoir auprès de chacun et de tous, dans le même esprit de dialogue et de tolérance.
Nous avons déjà démontré par le passé, notre capacité à aboutir par le dialogue, à des solutions consensuelles et valorisantes pour notre classe politique et pour notre pays. Ces occasions ont toujours nécessité des concessions de part et d’autre, dans un sursaut patriotique. C’est à ce sursaut patriotique que je voudrais à nouveau vous appeler aujourd’hui. C’est à ce sursaut patriotique que nos populations et nos électeurs nous appellent.
Honorables députés,
Chers collègues,
Permettez-moi de vous souhaiter à nouveau un bon retour à l’hémicycle, seulement quelques jours après la dernière Session extraordinaire qui s’est achevée le 1er avril dernier. L’importance de la Session ordinaire qui s’ouvre aujourd’hui tient autant au contexte politique que je viens de décrire, qu’à l’agenda des débats que nous aurons. À quelques semaines de la prochaine échéance électorale, elle sera sans aucun doute le testament de la 7e législature.
Cette législature aura été pleine de défis pour notre démocratie et pour notre institution. Il nous a fallu répondre aux aspirations croissantes de la Nation, vers un État de plus en plus proche de la vie de ses citoyens, animé par une classe politique performante, et capable de porter des projets de société structurés pour le bien-être de tous les béninois. Ainsi, en jetant un regard rétrospectif sur ces dernières années, je me réjouis d’avoir porté le leadership de certains des changements qui imprimeront à notre pays une nouvelle culture politique plus responsable, plus constructive, et plus efficace.
C’est l’occasion aussi, chers collègues, de vous exprimer mes sincères félicitations pour le travail abattu au cours cette législature. Nos débats ont parfois été houleux mais ils ont toujours été marqués par la responsabilité et le sens élevé du devoir républicain qui est le nôtre. Je vous félicite en particulier pour l’esprit de tolérance qui a continuellement présidé à nos débats, dans l’accomplissement de nos missions constitutionnelles.
Je suis convaincu que c’est dans ce même esprit que les travaux de la session qui s’ouvre se poursuivront.
Je voudrais vous dire, pour clore, que ce fut pour moi un plaisir et un honneur d’être votre président.
Merci à vous tous, membres du personnel, présidents et membres des institutions, membres du corps diplomatique, partenaires financiers, organes de presse. Merci à vous tous pour votre contribution au service de la démocratie et de la paix.
Vive l’Assemblée nationale !
Vive le Bénin !
Je vous remercie.

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