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Présentation de l’argumentaire pour l’extension du plateau continental du Togo et du Bénin : Les experts béninois ont réussi la mission

Conformément aux dispositions de l’article 76 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM), une délégation du Bénin était allée à New-York pour défendre l’extension du plateau continental du Togo et du Bénin. Avec un argumentaire bien fondé, ils ont pu démontrer qu’ils satisfont aux critères exigés par le Droit de la Mer pour obtenir de la commission l’avis favorable afin d’étendre leur plateau continental. C’était le jeudi 7 février 2019.

La délégation conduite par le docteur Cyrille Gougbédji a fait une brillante présentation à New-York. Laquelle présentation peut être synthétisée ainsi qu’il suit : Substantiellement, la détermination de la limite extérieure du plateau continental du Bénin et du Togo repose sur les dispositions des paragraphes 4, 5 et 7 de l’article 76 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Cnudm). Ainsi, les critères mis en démonstration concernent l’identification du pied du talus continental, l’application de la formule d’épaisseur des sédiments permettant de définir le rebord externe de la marge continentale, la validation du fait que les points ainsi créés correspondant aux points fixes délimitant la limite extérieure du plateau continental, en confirmant qu’ils se trouvent du côté terrestre de l’une des contraintes de l’article 76, la preuve que ces points ne sont pas éloignés de 60 miles marins.

Des arguments…

D’après l’analyse des données bathymétriques relevées, il est constitué dans les bases du talus identifié dans la côte bénino-togolaise un système chenaux-levées majeur. La limite extérieure des ondes sédimentaires bien définies détermine la limite intérieure de la base du talus. La formule d’épaisseur de 1% a été utilisée pour déterminer le rebord externe de la marge continentale. Par ailleurs, depuis la publication de l’intention du Bénin et du Togo d’étendre leur plateau continental au-delà de 200 miles marins, aucun autre Etat n’a formulé une note verbale d’objection. Ainsi, comme le conclut Docteur cyrille Gougbédji, le Bénin et le Togo au regard des données scientifiques géomorphologiques et bathymétriques produites ainsi que les formules d’épaisseur de sédiments et d’analyse de la base et des pieds de talus ont, à suffisance, démontré qu’ils satisfont aux critères exigés par le droit de la mer pour obtenir de la commission l’avis favorable afin d’étendre leur plateau continental. Scientifiquement, le contexte géologique a été la porte d’entrée de la ligne de défense pour l’argumentaire des deux pays. En effet, l’équipe d’experts a souligné que l’Océan Atlantique s’est formé pendant le Mésozoïde, lorsque la distension et la séparation continentale ont trainé la rupture du Gondwana occidental. Ce phénomène a engendré le long des millénaires un coulissement de la marge continentale dominée par une forte sédimentation dans le Golfe de Guinée. Trois zones de fracture apparurent dans le Golfe de Guinée à savoir la Romanche, le Chain et le Charcot dont les crêtes et les creux accueillent des accumulations de sédiments, ce qui permet d’appliquer favorablement la formule d’épaisseur de sédiments. Ce phénomène fut complété par la dérive littorale qui a transporté les sédiments de l’est dans un mouvement pro deltaïque qui a engendré une importante zone de dépôt maximum au large du Bénin et du Togo, a développé les experts. La démonstration de cette vague de sédimentation exigée par l’article 76 a été soutenue par des cartographies et des photographies.
Ce sont ces éléments bien documentés par l’équipe d’experts qui plaident pour la cause du Bénin et du Togo. L’œuvre a été menée avec dextérité et professionnalisme par la délégation composée de Cyrille Gougbédji, Docteur en Droit, Universitaire pluridisciplinaire et expert international des questions de protection de l’environnement, de l’espace maritime et de la gouvernance publique ; Ayité Marcel Baglo, expert des questions de l’environnement et des frontières, Jacques Jean Atchadé, ingénieur réservoir, Madame Zelma Yollande Nobre Fassinou, ingénieur ; Tinantikpa N’tcha, ingénieur ; et messieurs André Djoi, Akpé Cocou, Marius Loko. Les délégations ayant bénéficié de l’appui des représentants permanents des deux Etats auprès des Nations Unies dont les interventions ont montré l’importance de ce dossier pour le Bénin et le Togo.

Junior Fatongninougbo

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