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Réactions légitimes

La panique a gagné tous les secteurs de notre administration publique. Les mots manquent dorénavant pour traduire ce que vivent depuis un moment tous ceux qui, durant les quinze dernières années, ont occupé un quelconque poste de responsabilité dans l’administration. Certains ont perdu le sommeil; d’autres ont préféré quitter le pays le temps que se calme le mauvais vent qui souffle. Le dernier tableau, c’est celui des dix-huit (18) agents et cadres du Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb) qui ont passé la nuit du 26 au 27 février 2018, au tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Une épreuve qui a abouti à l’emprisonnement de la moitié des interpellés. Le reste est sous contrôle judiciaire. Ce dernier élément de l’actualité nationale relance plus que jamais le problème de la lutte contre l’impunité engagée par le nouveau régime. Loin d’une simple volonté exprimée par un homme, on est obligé de reconnaître que depuis la Conférence nationale, c’est la première fois qu’on voit un régime aussi décidé. L’incarcération de l’ancien Directeur Cncb, Antoine Dayori, montre à suffisance que cette lutte n’a pas de couleur. On note dans le lot des responsables au temps du quinquennat du président Nicéphore Dieudonné Soglo. L’épée de Damoclès plane pratiquement sur toutes les têtes.  La panique a gagné tous les esprits. Le comble, c’est que notre justice est en train de présenter une nouvelle image : celle de sa détermination à accompagner le gouvernement dans cette volonté de mettre un terme à l’impunité. Plus rien ne doit se passer comme avant, est-on tenté de croire. Une détermination qui n’est pas du goût de tout le monde.  En effet, il y a longtemps que le Bénin est plombé par l’impunité. Si nous voulons vraiment nous regarder dans un miroir, nous serons obligés de reconnaitre que le Bénin fait partie des pays où des individus sont plus riches que l’Etat. Imaginez ! Un fonctionnaire qui gagne moins de cent mille (100.000) francs est polygame, propriétaire de plusieurs appartements et grand fermier. Logiquement, cela ne s’explique pas, mais c’est pourtant la réalité. Une triste réalité qui n’émeut véritablement personne mais qui, au finish, ne fait qu’appauvrir davantage la majorité de nos populations. On ne change pas aussi facilement une habitude qui a traversé des décennies. Et c’est la raison pour laquelle on enregistre de plus en plus de réactions hostiles à cette révolution qui s’opère. Une hostilité que des révolutionnaires se doivent de comprendre. Tout le monde est attaché à son biberon et nous sommes dans un pays où personne n’est vraiment seul. Ceci peut expliquer la difficulté que le peuple a, de comprendre qu’on puisse demander à un citoyen censé servir le pays, de rendre compte de sa gestion des années après. Il faut véritablement que les choses changent. Et pour qu’il en soit ainsi, les nouvelles autorités doivent comprendre qu’elles nous ont conduits à un point de non-retour. C’est plus que  jamais le moment de marquer les esprits, afin que même dans nos écoles, les apprenants comprennent qu’il y a réellement un changement par rapport au passé.

Grégoire Amangbégnon

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