Home / Actualité / Tontine annuelle ‘’Adogbè‘’ à Cotonou et environs : Une astuce d’épargne et parfois d’escroquerie

Tontine annuelle ‘’Adogbè‘’ à Cotonou et environs : Une astuce d’épargne et parfois d’escroquerie

‘’Adogbè » est une tontine qui se fait sur une année par des groupes d’individus, qui n’appartiennent pas nécessairement à une même corporation, famille ou à une même collectivité. C’est une initiative économique informelle qui permet aux participants d’économiser sur toute une année, dans le but de se faire de sous dans les périodes de fête de fin d’année. Mais, elle n’a toujours pas procuré la joie dans l’esprit des participants. La fin est parfois difficile. ‘’Adogbè’’ récurrente dans la ville de Cotonou et ses environs, les personnes ayant fait l’expérience en témoignent.

Dans la pratique, les initiateurs de Adogbè proposent des montants journaliers ou hebdomadaires, variant d’un groupe à un autre. Les sous sont collectés par celui qui a initié son activité, généralement sans aucun papier légal, chaque jour ou chaque semaine suivant la capacité du participant. À la fin de l’année, les fonds sont utilisés pour acheter des vivres ou des ustensiles de cuisine pour distribuer aux participants avec une maudite somme. Mais, chez la plupart des initiateurs, ce qui revient à chaque participant de cette tontine est largement inférieur à ce qu’il a cotisé pendant toute une année. C’est dire que le reste revient tout de go à celui qui l’a créée. En nous confiant à madame Nathalie Aubenas, elle explique sa mésaventure qui l’a par conséquent motivée à initier cette tontine, à sa manière, dénudée de toute contrainte et non sur fonds de commerce et d’enrichissement sur le dos des pauvres populations. «Oui c’est par ce que cela ressemble à de l’escroquerie chez celle chez qui j’avais fait ça », a-t-elle lancé avec peine sans vouloir faire une description de qui ou de quoi ce soit. En outre, le pire est que les participants, des fois, ne perçoivent rien à la fin de l’année et ne rentrent même pas en possession de leurs pauvres sous collectés. Car, le chef tontinier s’est enfui avec tout l’argent cotisé, ou présent mais il l’a dépensé à sa guise pour des raisons inavouées. Mme Houéfa Houessou, résidant à Agla, est victime de cela. Elle raconte que c’est par le biais de sa grande sœur qu’elle est entrée dans une tontine ‘’Adogbè’’ à Dèkoungbé ; mais jusqu’à la date de ce mardi 22 janvier 2019, elle n’a reçu un kopec de ses sous qu’elle a mis dans cette affaire à compter du janvier 2018 jusqu’à décembre 2018. Elle a fait comprendre que le chef tontinier ne lui a pas pu justifier ses fonds. M. Eudes Tchibozo, un initiateur de ‘’Adogbè‘’, explique l’inconvénient survient lorsque celui qui prend l’initiative veut en faire sa seule activité. Ce qui fait que si les imprévus d’ordre financier se présentent, il décaisse contre gré les sous. « L’inconvénient qui s’y trouve est que des gens se lèvent et créent Adogbè sans avoir en main un autre job. C’est un grand échec après. Ce qui fait que ceux là s’enfuient avec les sous, ou bien telle personne a bouffé les sous des gens», a fait comprendre Eudes Tchibozo. À l’en croire, c’est une activité qui exige beaucoup de vigilance. L’autre hic dans cette tontine est que les gens y font des prêts et refusent de rembourser, mettant totalement en difficultés le chef tontinier. Pourtant ‘’Adogbè’’ pourrait aider les populations à mieux fêter le 25 décembre et 1er janvier.

Moins efficace mais soulage

L’objectif primordial de cette tontine est de réconforter financièrement les participants et aussi de combler le vide de leur panier pour fêter sans soucis. Cela se remarque effectivement chez les personnes qui arrivent à mieux conduire cette initiative. Mme Claudine Kpanou, vivant à Cocotomey témoigne que ce qu’elle avait fait l’année écoulée, l’a beaucoup aidée. De son côté, Victorine Vignon souligne que c’est une tontine qui amoindrit les dépenses de fin d’année. «L’avantage de la tontine Adogbè, est que ça aide à mieux supporter les dépenses de fin d’année. Même si vous n’avez rien à payer à la fin de l’année, vous gardez ce que vous avez reçu en cotisation pour une économie. C’est une manière simple d’économiser, surtout pour le compte des fêtes de fin d’année. Ça fait qu’à la fin de l’année, on ne se soucie plus de l’argent», a renchéri cette dernière, avant d’ajouter que le mieux est que si on commence, il faudrait tenir jusqu’à la fin pour bien en bénéficier. Pour M. Eudes Tchibozo, initiateur de Adogbè, ce n’est pas une activité par laquelle on devrait prendre pour gruger ou arnaquer les gens. Il explique la manière dont il procède depuis un certain temps. « Si tu donnes 500 f par semaine jusqu’à à la fin, de l’année on vous donne 20 mille francs plus 5 kilogrammes du riz parfumé, 1 litre d’huile, 2 petits macaronis et puis 1 poulet. C’est une initiative qui aide beaucoup la population à la fin de l’année, en ce sens où déjà le 23 décembre les participants rentrent en possession de ce qu’ils ont cotisé. Et les sous reçus leur permettent d’acheter des habits ou autres choses pour eux-mêmes et pour les enfants », a-t-il dit.

Joseph-Martin Hounkpè

Check Also

Assemblée nationale/8ème législature : L’Ong Alcrer invite les députés à se mettre au service exclusif du peuple béninois

La 8ème législature doit faire la différence pour montrer davantage de respecter les lois de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *